Les mbororos constituent la fraction non sédentaire du peuple peul. Ce sont des bergers et des nomades. Leur origine fait l’objet d’une controverse. Certains ethnologues voient en eux les descendants des pasteurs qui habitaient autrefois le Sahara. Ils s’appuient sur les fresques (représentation de chevaux, de vaches, d’animaux sauvages mais aussi de silhouettes humaines) qui ornent les parois des grottes du Sahara (Tassili ou Ténéré). Les coiffures actuelles des femmes mbororos en particulier offrent une grande ressemblance avec celles des personnages féminins représentées sur les peintures rupestres, de même que les motifs gravés sur leur calebasse utilisée pour vendre le lait. La désertification aurait obligé ces bergers, pour assurer leur survie et celle de leurs troupeaux à descendre toujours plus au sud jusqu’à s’établir dans les plaines arrosées par le Niger.
Mais d’autres leur attribuent une origine est-africaine (égyptienne ou éthiopienne). Ces peuples nomadiseraient depuis plusieurs siècles dans une large bande subsahélienne qui s’étend du Sénégal au Tchad en passant par le Mali, le Niger, le nord du Nigéria, du Cameroun et de la Centrafrique. Ils entameraient un lent mouvement de retour vers leur région d’origine.
L’ethnie peule, au cours de ses déplacements, a modifié ses rapports avec l’islam, supplanté et renversé des autorités locales ou régionales non islamisées (y compris en son sein). Elle a aussi noué des relations avec les sédentaires et leurs modèles culturels préexistants.
Les peuls ont fondé aux environs du XVème siècle l’empire du Macina (Mali actuel). Au début du XVIIIème, sous l’autorité d’Ousmane dan Fodio, puis sous le commandement d’Adama, ils lancent une djihad. Ils créent ainsi l’empire de Sokoto qui englobait les régions du nord du Nigéria (vallée de la Bénoué) et le nord du Cameroun actuel (création des lamidats de Yola, Rey Bouba, Garoua et de Maroua). Etat qui perdurera jusqu’à la colonisation européenne.
